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Le MRAP, solidaire de Naâma Asfari en grève de la faim illimitée, appelle à la libération des tous les prisonniers politiques sahraouis




Arrêté lors de la manifestation pacifique de 2010 qui avait réuni des milliers de Sahraoui à Gdeim Izik (localité située aux portes du Sahara), Naâma Asfari a été condamné à 30 ans d’emprisonnement , d’abord devant un tribunal militaire et ensuite devant la juridiction civile, sans que les critères internationaux d’un procès équitable aient été respectés.

Pour rappel : le Sahara occidental est inscrit sur la liste des Territoires Non-Autonomes du Comité spécial de l’ONU pour la décolonisation depuis 1963. L’Espagne s’étant retirée du territoire sans porter à terme le processus de décolonisation que lui avait confié l’Assemblée générale de l’ONU, le Royaume du Maroc a occupé militairement le territoire depuis novembre 1975. De ce fait, le droit de la guerre s’applique sur le territoire du Sahara occidental et, en application de la Quatrième Convention de Genève de 1949, les personnes originaires de ce territoire doivent être considérées comme "personnes protégées" aux sens de l’article 4 de la Convention ; le cas échéant, elles doivent être détenues sur leur territoire d’origine et non pas sur celui de la puissance occupante.

Détenu à la prison de Kénitra, près de Rabat, Naâma Asfari a entamé une grève de la faim illimitée le 8 juin dernier pour protester contre sa détention sur territoire marocain et contre l’occupation militaire persistante de la part du Royaume du Maroc.

Dans une décision adoptée au mois de décembre 2016, le Comité contre la torture de l’ONU a établi que Naâma Asfari a été victime de traitements inhumains et dégradants, ainsi que d’actes de torture. Le Comité a appelé le Royaume du Maroc à indemniser Naâma Asfari de façon adéquate et équitable et à s’abstenir de tout acte de pression, d’intimidation ou de représailles susceptibles de nuire à l’intégrité physique et morale du plaignant et de sa famille.

Dans un avis rendu au mois d’août 2023, le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire de l’ONU a qualifié la détention de Naâma Asfari et de dix-sept autres militants sahraouis arrêtés dans les mêmes circonstances d’arbitraire et a demandé aux autorités marocaines de libérer immédiatement les dix-huit prisonniers et à leur accorder le droit d’obtenir réparation, notamment sous la forme d’une indemnisation.

Au fil du temps, plusieurs Rapporteurs spéciaux de l’ONU ont manifesté leur préoccupation concernant le traitement subi et les conditions de détention des défenseurs des droits humains et activistes sahraouis.
Le Royaume du Maroc continue à contester les faits qui lui sont reprochés et persiste impunément à détenir les 18 activistes sahraouis à des centaines de kilomètres de distance de leurs familles, à leur faire subir des traitements inhumains et dégradants, voire des formes de torture, et à empêcher l’épouse de Naâma Asfari, Madame Claude Mangin (de nationalité française) de lui rendre visite.

Le MRAP appelle le Président de la République et le Gouvernement français à solliciter les autorités marocaines afin qu’elles respectent la Quatrième Convention de Genève de 1949, les décisions du Comité contre la torture et celles du Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Paris, le 17 juin 2026.

Manifestons contre tous les racismes. Dimanche 21 juin à Paris




Dans la foulée des élections municipales, un déferlement de haine raciste a visé nombre d’élu-es de la République. L’extrême-droite et les médias qui lui sont affiliés ont orchestré des campagnes virulentes d’attaques racistes, amplifiées sur les réseaux sociaux. Visée par l’une d’elles, le maire de Saint-Denis-Pierrefitte-sur-Seine Bally Bagayoko a appelé à un rassemblement contre toutes les formes de racisme, que nos organisations ont soutenu et qui a été un succès de mobilisation de la société civile.

Nous, organisations de la société civile, considérons que le 21 juin, nous avons la possibilité d’amplifier encore le mouvement, en manifestant à Paris, avant les festivités de la Fête de la Musique, pour affirmer la large cohésion de la société contre tous les racismes, les discriminations, la haine de l’autre et en faveur de l’égalité en droits.

C’est cette égalité que l’extrême-droite ne peut supporter, c’est cette égalité qu’elle continue d’attaquer frontalement partout où elle se sent suffisamment forte, là où elle a obtenu des municipalités, là où elle voudrait peser dangereusement sur les institutions. Ainsi, elle s’en prend à ce qui fait notre socle politique partagé depuis 1789, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et toutes les Constitutions républicaines depuis lors, qui proclament l’égalité de toutes et tous devant la loi.

Déterminées ensemble, partout, face à l’extrême-droite, pour l’égale dignité de tous les êtres humains, nos organisations appellent à rejoindre largement le cortège du 21 juin à Paris, 14h à Barbès.

Premiers signataires : CGT (Confédération générale du travail), Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Union syndicale Solidaires

Autres signataires : Association France Palestine solidarité (AFPS), Association les midis du mie, Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme (Clara), Emmaüs France, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), France Nature Environnement (FNE), Mouvement de la Paix, Association d’accueil des demandeurs d’asile (AADA) de Mulhouse.

Remplir ce formulaire si votre organisation souhaite être signataire de l’appel (uniquement des signatures d’organisations par son ou ses représentants, pas de signatures individuelles).

Le 15 juin 2026


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP