ENTETE1

MRAP

SAID EL BERKAOUI : ASSASSINAT RACISTE ET APPEL A LA VIGILANCE




C’est avec une immense émotion que nous rendons hommage à Saïd El Barkaoui, victime d’un crime raciste d’une violence insoutenable.

Le 27 mai 2018, à Ychoux dans les Landes, il était abattu sous les yeux de sa famille après avoir été la cible d’insultes racistes répétées. Père de famille, il succombera finalement à ses blessures le 4 juin 2018, après deux semaines d’agonie à l’hôpital.

Nous pensons avant tout à ses proches, à ses enfants et à tous ceux qui continuent de porter cette douleur et ce traumatisme.

Deux avocats du MRAP, Pierre Mairat et Kaltoum Gachi, avaient géré cette affaire, tristement symbolique.
Le 7 octobre 2021, la cour d’assises des Landes a condamné l’auteur des faits à 25 ans de réclusion criminelle, reconnaissant la gravité extrême et le caractère raciste du crime.

Mais l’assassinat de Saïd El Barkaoui ne peut malheureusement être regardé comme un fait isolé.
D’autres épisodes de tensions, d’insultes et de violences à caractère raciste avaient précédé ce drame et d’autres, trop nombreux, le suivent illustrant un climat délétère et une haine qui s’était installée dans le quotidien.

Ce contexte rappelle à quel point les paroles racistes ne sont jamais anodines : elles préparent parfois le terrain au pire.

Le combat contre le racisme ne peut être sélectif. Chaque victime mérite la même compassion, la même mobilisation et la même exigence de justice. Face à la banalisation des discours de haine, nous devons collectivement refuser l’indifférence et rappeler qu’aucune origine, aucune religion, aucune couleur de peau ne devrait exposer quiconque à la peur ou à la mort.

La mémoire de Saïd El Barkaoui doit nous obliger collectivement : obliger la société à regarder la réalité du racisme en face, obliger les institutions à protéger toutes les victimes avec la même force, et obliger chacun à ne jamais détourner le regard lorsque la haine se banalise.

C’est ce à quoi notre association s’attelle au quotidien.

MRAP

Oui, abolir le Code noir




Le MRAP s’est toujours félicité de l’adoption, en 2001, d’une loi dénonçant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Il partage la définition qui en est donnée dans l’article 1 : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité ». Il salue en particulier la caractérisation universelle de ce fléau qui a, hélas, terni toute l’histoire de l’humanité.

Mais les historiens ont noté qu’un texte de l’ancien régime n’avait jamais été formellement abrogé. Le « code noir », élaboré en 1685 par Colbert s’attachait à inscrire dans le droit une pratique existant depuis des décennies dans les colonies françaises de l’époque, l’esclavage. Il officialise ainsi la déshumanisation des esclaves, simples objets propriété de leurs maîtres. Les prérogatives de cette propriété sont minutieusement soulignées, en matière d’exploitation, de châtiments, d’achat et de vente. Cette législation est totalement incompatible avec les notions d’humanité et d’égalité qui sont devenues les nôtres depuis. Elle doit être solennellement abrogée, geste symbolique et politique indispensable, comme le prévoit une récente proposition de loi que l’Assemblée nationale doit examiner le 28 mai.

Mais le MRAP connaît aussi que ces gestes ne règlent pas les conséquences historiques de ce malheureux passé. Il soutient la nécessité de développer des études rigoureuses sur ce que cette période a laissé dans notre société, au niveau sociologique, économique, culturel. L’esclavage a évidemment été un des éléments constitutifs du racisme envers les populations noires, marqué par la persistance de stéréotypes fondés au sein même de la société esclavagiste. La question des éventuelles réparations et de leurs formes doit être étudiée avec le plus grand sérieux, comme l’avait d’ailleurs envisagé Christiane Taubira, sans parvenir à l’imposer. Depuis, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage a elle aussi appelé à ouvrir ce chantier et développe des travaux en ce sens.

MRAP


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP