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Des mineures stigmatisées sur les réseaux sociaux : nos associations portent plainte contre Jean Messiha et contre X




– Communiqué de presse commun –

SOS Racisme · LDH · MRAP · FMQI Saint-Nazaire · Tous en Mer

Des mineures stigmatisées sur les réseaux sociaux : nos associations portent plainte contre Jean Messiha et contre X

Paris, le 20 octobre 2026

SOS Racisme, la Ligue des droits de l’Homme/droits humains (LDH), le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), la Fédération des Maisons de Quartier et de l’Insertion (FMQI) de Saint-Nazaire et l’association Tous en Mer ont déposé plainte auprès du parquet de Paris contre Jean Messiha et contre X, auteurs de publications haineuses. Ces faits sont susceptibles de recevoir notamment les qualifications d’injures publiques à caractère raciste, de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence et de cyberharcèlement raciste.

Le 8 juillet 2026, Jean Messiha a diffusé sur X, Instagram et Facebook une photographie de plusieurs jeunes filles mineures de Saint-Nazaire. Elles participaient à un séjour en voilier organisé par deux Maisons de Quartier et l’association Tous en Mer, et se baignaient sur la plage de Ramonette à Belle-Île-en-Mer. La légende qui accompagne l’image les désigne comme des « suprémacistes islamiques » venant « enlaidir le paysage avec leur infâme et hideux burkini ».

Rien dans cette scène de baignade ne permet d’attribuer à ces adolescentes une quelconque idéologie. Une tenue de bain couvrante devient, sous la plume de Jean Messiha, le marqueur d’une adhésion à l’extrémisme. C’est précisément le mécanisme de l’essentialisation : réduire des personnes – ici des mineures – à une religion réelle ou supposée, puis assimiler cette religion à une menace. L’exploitation de leur image, sans autorisation et dans un but de stigmatisation, porte également atteinte à leur droit à la vie privée.

Mise en ligne par un compte disposant de plusieurs centaines de milliers d’abonnés, la publication a déclenché une vague de commentaires d’une rare abjection : injures, appels au rejet ou à l’expulsion, assimilations à des « cancers », des « parasites » ou des « déchets ». Plusieurs de ces propos visent les jeunes filles photographiées ou, plus largement, les personnes musulmanes ou perçues comme telles.

Cette affaire s’inscrit dans une escalade des discours de haine anti-musulmans, particulièrement portée par des figures de l’extrême droite qui n’hésitent pas à instrumentaliser l’image de mineures. Jean Messiha, déjà condamné pour injure publique, a par ailleurs réagi à l’annonce d’un dépôt de plainte du maire de Saint-Nazaire en appelant à son arrestation pour « haute trahison ». Cette fuite en avant confirme le caractère assumé de sa démarche.

Nos associations demandent à la justice d’identifier les auteurs, de préserver le droit à l’image des victimes et de poursuivre fermement les responsables. Elles appellent également les plateformes à retirer immédiatement les contenus litigieux et à assumer pleinement leurs obligations de modération. Le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit. La dignité de ces jeunes filles, le respect dû à toutes les communautés et le principe de fraternité ne sont pas négociables.

Signatures :
SOS Racisme
Ligue française pour la défense des droits de l’Homme et du citoyen/droits humains (LDH)
Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
Fédération des Maisons de Quartier et de l’Insertion de Saint-Nazaire
Association « Tous en Mer »

Ensemble, couvrons de nos voix les paroles racistes et xénophobes ! Né.es ici ou venu.es d’ailleurs, l’égalité des droits c’est pour toutes et tous




Appel collectif à mobilisation dans le cadre de la Journée internationale des migrant.es, le 18 décembre 2026

( bannière )

Né.es ici ou venu.es d’ailleurs, nous formons ensemble une société vivante, solidaire, riche de sa diversité.

Nous partageons quotidiennement des joies, des chagrins, des attentions, des préoccupations, des enthousiasmes : nous vivons, travaillons, étudions ensemble.

Dans nos quartiers, nos bureaux, nos ateliers, nos établissements scolaires, nos campus ; pour nos ami.es, nos voisin.es, nos collègues de travail ou d’études, pour les copains et copines d’école de nos enfants : nous voulons l’égalité des droits, quelle que soit notre origine réelle ou supposée, notre religion, notre nationalité !

L’extrême droite a mis au cœur de son projet politique le racisme et la manipulation des questions migratoires. Elle menace les droits fondamentaux, l’Etat de droit et la démocratie. Nous refuserons toujours de céder aux sirènes de la haine et de la peur, aux voix qui incitent à la violence et pensent nous faire croire que nous sommes fondamentalement différent.es les un.es des autres.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils veulent, par la préférence nationale réserver les droits à certain.es pour exclure les autres en se fondant sur une conception ethnique fantasmée de ce qu’est notre nation. Comme si enlever des droits à nos voisin.es pouvaient nous en donner plus, alors même que tout prouve l’inverse ! Supprimer l’accès aux APL pour les étudiant.es étranger-ères, déjà soumis à des frais d’inscriptions discriminatoires, et à une augmentation du coût du titre de séjour étudiant n’a rien donné de plus aux autres étudiant.es, mais risque de priver toute l’université française de ce qui lui est constitutif, l’ouverture sans frontière aux savoirs, nourrie du partage libre des intelligences. Et quand des patrons exploitent nos collègues étrangers, avec ou sans papiers, ce sont les droits de toutes et tous les travailleur.euses qui sont atteints.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’avec le Pacte asile et migrations et Frontex, ils déshumanisent, refoulent, enferment nos frères et sœurs en humanité qui fuient les crises, les guerres, la misère, que nous devons, pouvons et voulons accueillir dignement et solidairement. Bafouant les droits et libertés, ces règlements indignes qui conduisent à la généralisation de la traque policière et aux rafles évoquent la brutale politique de l’immigration étatsuniennes dont l’ICE est l’incarnation. Les personnes en exil sont ainsi toujours plus vulnérables, sur des routes migratoires toujours plus dangereuses. Elles ne sont pas des menaces et elles méritent dignité et hospitalité.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils instrumentalisent les faits pour servir leurs projets nauséabonds, et construisent la peur par la désinformation organisée, comme cela a été le cas cet été – lorsqu’ils faisaient croire que Ceuta, en Afrique du Nord, était une porte ouverte sur l’Union européenne ; ou lorsque des campagnes haineuse et calomnieuses déclenchaient ces dernières années, en Espagne, en Irlande du Nord, ou au Royaume-Uni, des chasses à l’homme racistes. 

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils organisent un cauchemar administratif, soumettant les personnes étrangères – nos voisin.es, nos ami.es, nos collègues – à des parcours kafkaïens pour essayer d’obtenir ou de renouveler un titre de séjour dans des préfectures hostiles, alors que leur vie est ici parfois depuis de nombreuses années. Lorsque les contrôles policiers discriminatoires ou la délivrance punitive d’OQTF servent à désigner à la vindicte populaire des personnes étrangères présentées comme dangereuses, c’est l’état de droit qui est atteint. Nous demandons la régularisation de toutes celles et ceux qui travaillent, étudient et vivent ici.

Ensemble, nous refusons le racisme, les discriminations, les mauvais traitements et les logiques de bouc émissaire, qui empoisonnent notre quotidien et abiment notre dignité. Ensemble, dénonçons les violences racistes qui se multiplient sous l’influence des semeurs de haine médiatiques et politiques. Ensemble rejetons les lois xénophobes qui détruisent des vies.

Ensemble, retrouvons le chemin de la solidarité, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société humanisme, d’égalité, de justice, et de respect des droits et libertés pour toutes et tous.

Nos organisations appellent à une large mobilisation dans le cadre de la Journée internationale des migrant-es, le 18 décembre 2026, à Paris et partout en France.

Signataires : Attac, Confédération générale du travail (CGT), Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme (CLARA), Femmes Égalité, Fédération syndicale unitaire (FSU), La Cimade, LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale Solidaires.

Remplir ce formulaire si votre organisation souhaite être signataire de l’appel (uniquement des signatures d’organisations par son ou ses représentants, pas de signatures individuelles).


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP