ENTETE1

MRAP

1er mai : mémoire, vérité, résistance




Communiqué commun dont le MRAP est signataire et appel à rassemblement le vendredi 1er mai de 9h30 à 11h, Pont du Carrousel à Paris.

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé du Front national. Ce crime n’était pas un fait divers. C’était le produit d’un racisme politique.
Depuis d’autres noms, d’autres vies, se sont ajoutés à cette liste tragique. Et derrière chaque nom, il y a des familles brisées, des silences imposés, des injustices qui perdurent. Plus de trente ans, rien n’est réglé. Le racisme ne recule pas : il avance, il s’affiche, il s’impose. L’extrême droite dicte l’agenda, contamine les discours, infiltre les politiques.

Islamophobie décomplexée, stigmatisation des immigré-e-s, chasse aux exilé-e-s, lois liberticides : ce qui tuait hier est aujourd’hui banalisé. Diviser pour mieux dominer. Fabriquer des boucs émissaires pour masquer les responsabilités dans la précarité, les inégalités et la violence sociale.

Nommons les choses : nous faisons face à un processus de fascisation.

Face à cela, il n’y a pas de neutralité. Il n’y a pas de compromis possible. Nous refusons de nous taire. Nous refusons de nous habituer. Nous refusons de laisser faire. Se souvenir de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes, ce n’est pas commémorer passivement. C’est continuer la lutte. Contre le racisme d’en haut comme d’en bas. Contre l’extrême droite et ceux qui reprennent ses idées. Contre un système qui exploite, exclut et attise la haine.

Pas de mémoire sans justice. Pas de justice sans rapport de force.

Le 1er mai, faisons front.

Rassemblement – Le vendredi 1er mai de 9h30 à 11h, Pont du Carrousel à Paris

Signataires :

MRAP ; ATMF ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Action Antifasciste Paris –Banlieue ; Action Justice Climat Paris ; ACORT ; Act Up-Paris ; AFAPREDESA ; AMDH-Paris ; AMF ; APCV ; Asdhom ; ASIAD ; Assemblée des Quartiers ; ATF ; Attac France ; CADTM France ; Cedetim/ Ipam ; Collectif « D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici » ; Collectif des Musulmans Anticapitalistes ; Collectif les Mères Déters ; Collectif Vietnam-Dioxine ; Comité Adama ; Coordination Pas sans Nous ; COPAF ; CORENS ; Coudes à coudes ; CRDLHT ; DAL ; Droit devant ; Fasti ; Femmes Egalité ; Femmes Plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front de mères ; FTCR ; FUIQP ; Gisti ; Jeunesse Populaire ; Ka Ubuntu ; L’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante ; Mémorial 98 ; Raar ; REMCC ; Réseau Féministe « Rupture » ; Résister Aujourd’hui ; Solidarités Asie France ; Tsedek ; UJFP ; Union Générale des Vietnamiens de France ; UTAC ; UTIT ; VISA ; CNT ; UD CGT ; UL CGT Paris 18e ; Union Syndicale Solidaires ; EELV ; La France Insoumise ; l’Après – l’Alliance pour une République écologique et sociale ; Les Verts populaires NPA-A ; PCF ; PCOF ; PEPS-Pour une Ecologie Populaire et Solidaire ; Révolution Permanente ; URCommuniste.

Haute-Loire : des faits d’une gravité extrême qui appellent une réponse pénale à la hauteur




Le MRAP a pris connaissance de l’ouverture d’une enquête pour injure à caractère raciste à la suite de faits particulièrement graves survenus en Haute-Loire, impliquant un tir à la carabine à proximité d’enfants.

Une telle qualification apparaît, en l’état, insuffisante au regard de la nature des faits rapportés. Le MRAP déplore que la procédure initiale ait été conduite avec précipitation et une certaine mansuétude marquée par la remise en liberté du mis en cause, ce qui ne permet pas, à ce stade, de saisir pleinement la gravité de la situation.

En effet, dissocier les violences de leur éventuel mobile raciste revient à fragmenter artificiellement les faits, au risque d’en atténuer la portée et la compréhension. Or, si les éléments en cours d’investigation venaient à confirmer l’existence d’un mobile raciste, qui n’avait pas été transcrit dans la plainte initiale complétée par la suite, celui-ci devrait être pleinement intégré à la qualification pénale.

Au surplus, le MRAP souligne que des faits consistant à faire usage d’une arme à proximité d’enfants, dans un contexte susceptible de viser un groupe déterminé, sont de nature à créer un climat de peur et d’intimidation particulièrement grave. Une telle dynamique aurait pu, à tout le moins dans son analyse, interroger sur une qualification relevant d’une logique terroriste.

Le MRAP rappelle que de tels agissements appellent une réponse judiciaire ferme et cohérente. À ce titre, il attend du tribunal qu’il procède, le cas échéant, à une requalification des faits en violences aggravées par l’usage d’une arme et par une circonstance aggravante de racisme, seule à même de refléter la réalité et la gravité des faits.

Comme l’a souligné la Ministre Aurore Bergé : « Si le motif raciste devait être confirmé, il serait d’une gravité inouïe. Et il appellerait à un sursaut collectif ».

Le MRAP partage pleinement cette analyse. Au-delà de ce dossier, c’est la capacité de notre société à nommer et sanctionner avec justesse les actes motivés par la haine raciste qui est en jeu.

Le MRAP restera particulièrement vigilant quant aux suites judiciaires qui seront données à cette affaire.

MRAP
24/04/2026


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP