Le MRAP exprime sa profonde émotion après le décès de Joris, 21 ans, dont les proches affirment qu’il aurait subi pendant des années des insultes et un harcèlement à caractère raciste avant de mettre fin à ses jours.
Si les faits sont établis, ce drame rappelle avec une terrible violence que (…)
Différences n° 338
juillet / août / septembre 2026
DOSSIER - Comment l’État lutte contre le racisme
SOMMAIRE
3 INTERNATIONAL
Soudan : une des pires crises humanitaires du XXIe siècle
5 DOSSIER :
Comment l’État lutte contre le racisme
La loi du 1er juillet 1972 : plus qu’un héritage, une exigence démocratique
Lutter contre le racisme : des plans aux actes
La CNCDH, défenseure des Droits Humains
Contrôles « au faciès » : une pratique raciste dans l’État !
Défenseur des droits et associations : faire vivre la lutte contre les discriminations
Combat pour la laïcité et lutte contre le racisme : Quels liens ? Quels pièges ?
3 questions à Fabrice Dhume
La mission de la DILCRAH
Racisme et discriminations : les moyens d’action européens
« Les mécanismes onusiens »
18 CULTURE
Restituer aux peuples leur histoire
20 COMITÉS LOCAUX
Débat à Saint Nazaire : Proche-Orient, miroir du Monde
Marc Bloch « présent » à Limoges, à la Faculté des Lettres
22 ONU
Jean Ziegler : presente, ahora y siempre
23 HOMMAGE
Hommage à Alfred Zimmer et Michèle Fougeron
24 NOTES DE LECTURE
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Procès de Crépol : le MRAP dénonce des mots indignes des valeurs qui ont fait la société française
Vendredi 25 septembre, les juges d’instruction de Valence ont donc rendu l’ordonnance de renvoi de onze suspects devant la cour d’assises pour mineurs pour le meurtre de Thomas Perotto, dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023 à Crépol.
Contre l’avis du parquet, tant les témoignages divergent, l’ordonnance retient la circonstance aggravante de racisme. L’extrême droite ayant imposé cette lecture des faits, la question sera présente tout au long de la procédure, même au cas où les appels annoncés par les avocats de la défense parvenaient au rejet de ces conclusions. Il conviendra d’y revenir sur le fond.
Mais la stupéfaction est aujourd’hui ailleurs, dans les mots utilisés par les magistrats, puisqu’il s’agirait de racisme à l’encontre de la « race blanche et de la nation française ». Depuis des années déjà, le législateur accole au terme de « race » l’adjectif « prétendue », et l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité en juillet 2018 une révision de la Constitution visant à supprimer du texte le mot « race ».
Quand bien même la réforme constitutionnelle n’a pu être menée à son terme, et alors que la science ne reconnait qu’une seule espèce humaine, l’utilisation du concept de « race blanche » par ces magistrats doit alerter les citoyen.nes sur la régression que les idées d’extrême-droite nous imposent aujourd’hui.
Effectivement, les citoyen.nes attendent que la justice soit rendue dans ce drame, comme dans tous les autres. Mais rendre la justice impose justement de se garder de toute instrumentalisation. Les mots utilisés aujourd’hui sont indignes des valeurs qui ont fait la société française.
Le MRAP ne cessera, dans toutes les circonstances, de combattre cette idéologie et ce dévoiement.
MRAP
28/09/2026
