Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu se trouve à Rabat, avec une dizaine de ministres de son gouvernement, pour renforcer les relations sécuritaires et économiques franco-marocaines, un citoyen français, Ali Lmrabet, journaliste indépendant, est encore une fois victime de la (…)
Des robots à la place des immigrés, des prénoms qui empêcheraient d’être Français : le MRAP saisit la justice après les propos d’Éric Zemmour
En quelques jours, Éric Zemmour aura multiplié les déclarations visant les immigrés et les Français qu’il renvoie à une origine ou à une religion supposée.
Après avoir expliqué que l’intelligence artificielle et la robotique permettraient de se passer de ceux qu’il qualifie de « prétendus immigrés indispensables », il a résumé sa pensée en quelques mots : « Des robots à la place des immigrés. »
Puis il a affirmé : « On ne peut pas être Français avec un prénom musulman. »
Deux déclarations, une même logique : réduire les immigrés à leur seule utilité économique et contester l’appartenance à la communauté nationale de Français en raison de leur prénom et de la religion qu’on leur suppose.
Le MRAP refuse cette vision de la société.
Derrière le mot « immigrés », il y a des femmes et des hommes. Ils travaillent, soignent, construisent, nettoient, conduisent, livrent, accompagnent. Ils vivent ici, fondent des familles, participent à la vie de notre pays. Ils ne sont ni une variable d’ajustement économique ni des êtres humains interchangeables avec des machines.
Quant aux Français portant un prénom qu’Éric Zemmour décide de qualifier de « musulman », ils n’ont aucune preuve de francité à fournir.
Ces propos font inévitablement écho à ceux tenus à Hapsatou Sy en 2018, lorsqu’Éric Zemmour lui avait déclaré que son prénom était « une insulte à la France ». Sa condamnation pour injure publique à raison de l’origine est devenue définitive après le rejet de son pourvoi par la Cour de cassation le 2 septembre 2025.
Le MRAP saisit donc la justice afin que ces nouvelles déclarations soient examinées au regard de la loi du 29 juillet 1881.
On ne remplace pas des êtres humains par des machines parce qu’ils sont immigrés.
On ne décide pas qui est Français en regardant son prénom.
À force de vouloir trier ceux qui auraient leur place en France et ceux qui ne l’auraient pas, c’est les principes même d’égalité er de fraternité qui sont attaqués.
Le MRAP ne laissera pas ces discours s’installer dans le débat public comme s’ils étaient devenus ordinaires.
Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.
MRAP
NON AU « PERMIS DE TUER » : LA FORCE PUBLIQUE DOIT RESTER SOUMISE AU DROIT
Le MRAP appelle à rejoindre massivement la mobilisation nationale du dimanche 20 septembre contre la proposition de loi instaurant une présomption de légalité de l’usage des armes par les policiers et les gendarmes.
Adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 7 juillet dernier, ce texte constitue un recul particulièrement préoccupant des garanties attachées au droit à la vie et au contrôle de l’usage de la force par l’État.
Dans un État de droit, le pouvoir de faire usage d’une arme – a fortiori d’une force potentiellement létale – ne saurait bénéficier d’une présomption qui en affaiblirait le contrôle effectif.
La police républicaine a pour mission de protéger la population. Elle doit elle-même être protégée et disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Mais précisément parce que l’État lui confie le pouvoir exceptionnel de recourir à la force, l’exercice de ce pouvoir doit demeurer strictement encadré, nécessaire, proportionné et soumis au contrôle de la justice.
Ce principe protège les citoyens comme les forces de l’ordre.
Le MRAP rappelle également que les contrôles d’identité et certaines pratiques policières affectent de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes. Dans ce contexte, toute évolution législative susceptible d’affaiblir le contrôle de l’usage des armes soulève une inquiétude particulière pour les populations déjà exposées aux discriminations.
Plus de 730 000 personnes ont signé la pétition contre cette proposition de loi. Une mobilisation d’une telle ampleur ne peut être ignorée.
Nous refusons que l’exception devienne la règle et que la nécessaire protection des forces de l’ordre soit opposée à la protection des libertés fondamentales.
Il n’y a pas à choisir entre sécurité et État de droit : dans une démocratie, la sécurité ne peut exister durablement que dans le respect du droit.
Le MRAP demande le retrait de cette proposition de loi et appelle toutes celles et tous ceux qui sont attachés au droit à la vie, à l’égalité devant la loi et aux libertés publiques à rejoindre les mobilisations organisées partout en France.
MRAP
17/09/2026