C’est notre histoire ! Pendant 3 semaines, la mission locale du pays messin a accueilli sur chacun de ses 3 sites l’exposition « Esclavage et abolitions, une histoire de France ». Le comité de Moselle Ouest du MRAP a animé trois ateliers auprès des jeunes. Un jeu-concours a été organisé tant (…)
Meurtre de Djamel Bendjaballah : le mobile raciste enfin pris en compte
Le MRAP se réjouit de la délivrance d’un réquisitoire supplétif visant à ce que soit désormais examinée la circonstance aggravante tenant au mobile raciste dans l’affaire du meurtre de Djamel Bendjaballah.
Cette étape était attendue : après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile, plusieurs relances auprès du juge d’instruction, puis une ordonnance d’irrecevabilité du 25 février 2026, notre Mouvement avait récemment saisi la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Douai pour contester l’absence de prise en compte de cette circonstance aggravante et demander que toute la lumière soit faite sur le mobile du crime. Par arrêt du 23 juin 2026, cette juridiction a annulé ladite ordonnance. Le même jour, le parquet délivrait le réquisitoire supplétif désormais connu.
Il était scandaleux que la motivation raciste ne soit même pas examinée alors qu’un faisceau d’indices existait déjà : les plaintes antérieures de la victime pour injures racistes et menaces, classées sans suite pour prescription à la suite d’une erreur manifeste d’appréciation de la substitut de la procureure, l’appartenance revendiquée du mis en cause à la Brigade française patriote, les éléments versés au débat public et judiciaire.
Pour le MRAP, cette évolution constitue une première étape importante vers la justice qu’attendent depuis trop longtemps la famille et les proches de Djamel Bendjaballah. Une brèche s’est ouverte même si l’essentiel reste à établir.
Association antiraciste engagée depuis le début dans cette procédure, le MRAP restera particulièrement vigilant quant à la suite de l’information judiciaire.
Nous veillerons à ce que les faits soient pleinement reconnus et condamnés dans toute leur gravité et qu’ils reçoivent, le moment venu, leur exacte qualification juridique.
Ne rien laisser dans l’ombre, c’est aussi lutter concrètement contre le racisme.
Bureau national
Le 16/09/2026
Grand remplacement : les mots ont un sens et des conséquences.
Le MRAP exprime sa profonde indignation après les propos tenus par Aurore Bergé, ministre chargée notamment de la lutte contre les discriminations, au sujet de la théorie dite du grand remplacement.
Interrogée sur le caractère raciste de cette théorie, la ministre a refusé de la qualifier comme telle et l’a présentée comme relevant d’un débat politique. Face aux réactions suscitées par ces déclarations, Aurore Bergé a depuis affirmé que cette théorie est fausse et mensongère, et qu’elle contribue à attiser le racisme. Le MRAP prend acte de ces précisions, mais elles ne dissipent pas la gravité des déclarations initiales.
La théorie du grand remplacement n’est pas une opinion parmi d’autres sur la politique migratoire. Elle repose sur un fantasme complotiste et raciste selon lequel une population dite « de souche » serait progressivement remplacée.
Le MRAP connaît depuis longtemps la dangerosité de cette idéologie. Il a combattu, y compris devant les tribunaux, ceux qui ont propagé ces discours racistes et complotistes, notamment Renaud CAMUS et d’autres figures de l’extrême droite que notre association a fait condamner.
Car ces mots ne sont pas sans conséquences : cette théorie a nourri des violences et a été invoquée par des auteurs d’attentats terroristes.
Présenter aujourd’hui le grand remplacement comme un élément du débat politique contribue à banaliser une idéologie que nous combattons depuis des années.
Cette banalisation est d’autant plus préoccupante lorsqu’elle vient d’une ministre chargée de combattre les discriminations.
Le MRAP attend des responsables publics une parole claire, ferme et sans ambiguïté. Le racisme ne se banalise pas. Il se combat.
Bureau National
11/09/2026