En 1986, le régime d’apartheid en Afrique du Sud est frappé d’un boycott international décidé par l’ONU, boycott que la France détourne par des livraisons indirectes de charbon, de pétrole (via l’Iran), d’armes et de matériel nucléaire. Dulcie September, fait savoir à ses correspondants qu’elle a des informations importantes à ce sujet et qu’elle se sent menacée.
Alors que le représentant de l’ANC à Bruxelles est assassiné, le ministère de l’Intérieur refuse à Dulcie September une protection policière.
On ne retrouvera jamais les tireurs. Un non-lieu sera prononcé en 1992 et l’affaire classée. Ce crime est pourtant signé : il s’agit d’une exécution par des agents et mercenaires du régime raciste de Pretoria, avec la probable complicité, ne serait-ce que passive, des services secrets français.
Il fait partie des crimes politiques commis à Paris jamais élucidés au nom de « la raison d’État » : Dulcie September, Mehdi Ben Barka, assassinat des trois femmes kurdes en janvier 2013 au Centre d’Information du Kurdistan et des trois kurdes en décembre 2022 devant le centre Ahmet Kaya, Ruben Um Nyobè, militant indépendantiste et anticolonialiste camerounais, abattu par l’armée française dans la forêt où il se cachait…
La lutte contre l’Apartheid a été l’un des combats historiques du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), notamment grâce à Jacqueline Grunfeld, membre du Bureau National, fondatrice et présidente de MRAP-Solidarité, la seule française qui fut membre de l’ANC. Le 17 août 1985 à Paris, lors d’une conférence du MRAP sur l’Afrique du Sud, Dulcie September était l’invitée d’honneur.
En ce 37éme anniversaire de son assassinat le MRAP tient à rendre hommage à Dulcie September, il est temps que la vérité soit faite sur ce crime .
Paris, le 29 mars 2025
Bureau National du MRAP