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MRAP

Haute-Loire : des faits d’une gravité extrême qui appellent une réponse pénale à la hauteur




Le MRAP a pris connaissance de l’ouverture d’une enquête pour injure à caractère raciste à la suite de faits particulièrement graves survenus en Haute-Loire, impliquant un tir à la carabine à proximité d’enfants.

Une telle qualification apparaît, en l’état, insuffisante au regard de la nature des faits rapportés. Le MRAP déplore que la procédure initiale ait été conduite avec précipitation et une certaine mansuétude marquée par la remise en liberté du mis en cause, ce qui ne permet pas, à ce stade, de saisir pleinement la gravité de la situation.

En effet, dissocier les violences de leur éventuel mobile raciste revient à fragmenter artificiellement les faits, au risque d’en atténuer la portée et la compréhension. Or, si les éléments en cours d’investigation venaient à confirmer l’existence d’un mobile raciste, qui n’avait pas été transcrit dans la plainte initiale complétée par la suite, celui-ci devrait être pleinement intégré à la qualification pénale.

Au surplus, le MRAP souligne que des faits consistant à faire usage d’une arme à proximité d’enfants, dans un contexte susceptible de viser un groupe déterminé, sont de nature à créer un climat de peur et d’intimidation particulièrement grave. Une telle dynamique aurait pu, à tout le moins dans son analyse, interroger sur une qualification relevant d’une logique terroriste.

Le MRAP rappelle que de tels agissements appellent une réponse judiciaire ferme et cohérente. À ce titre, il attend du tribunal qu’il procède, le cas échéant, à une requalification des faits en violences aggravées par l’usage d’une arme et par une circonstance aggravante de racisme, seule à même de refléter la réalité et la gravité des faits.

Comme l’a souligné la Ministre Aurore Bergé : « Si le motif raciste devait être confirmé, il serait d’une gravité inouïe. Et il appellerait à un sursaut collectif ».

Le MRAP partage pleinement cette analyse. Au-delà de ce dossier, c’est la capacité de notre société à nommer et sanctionner avec justesse les actes motivés par la haine raciste qui est en jeu.

Le MRAP restera particulièrement vigilant quant aux suites judiciaires qui seront données à cette affaire.

MRAP
24/04/2026

APPEL AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A L’OCCASION DE L’ANNIVERSAIRE DE LA LOI TAUBIRA




Le MRAP, fidèle à son combat pour la reconnaissance des effets aujourd’hui encore destructeurs de la participation historique de la France à l’esclavage et au colonialisme, soutient l’appel adressé par la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage au Président de la République française dans une tribune publiée dans Le Monde du 7 avril 2026 (lien ci-dessous).

Cette tribune fait suite au vote des Nations Unies du 25 mars qualifiant par 123 voix contre 3 et 52 abstentions la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité ».

La France fait partie des 52 abstentionnistes, arguant du refus de « classer » les crimes contre l’humanité.

La Fondation ne demande pas de revenir sur cette abstention, mais simplement de comprendre le message qui est ainsi lancé par les « pays du Sud », voulant avant tout affirmer que « l’ampleur et les effets de « la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains » n’ont jusqu’à présent pas suffisamment été reconnus ».

« Pas suffisamment reconnus dans leur nature », puisqu’ « à ce jour aucun autre ancien État colonial n’a osé suivre la France dans la reconnaissance de l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité ».

« Pas suffisamment reconnus dans leurs effets » : « persistance du racisme anti-Noirs », « inégalités dans les territoires post-esclavagistes », « injustices persistantes entre le Nord et le Sud ».

Le MRAP partage cette lecture de la résolution des Nations Unies et appelle, comme la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, le Président de la République à « changer de posture » et à ouvrir le dialogue sur cet héritage à l’occasion de l’anniversaire de la loi Taubira, retrouvant ainsi le rôle pionnier de la France « face à l’abîme de l’esclavage ».

Bureau National


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP