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Tarbes – Une exposition du MRAP au lycée Jean Dupuy pour déconstruire les mécanismes du racisme et de l’antisémitisme




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Proposée par le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, une exposition conçue par le groupe de recherche ACHAC a été présentée au CDI du lycée Jean Dupuy de Tarbes. Après un passage remarqué dans les Hautes-Pyrénées, elle rejoindra Paris à la mi-février.

Dans le cadre de ses actions de sensibilisation, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) propose chaque année plusieurs expositions à destination des établissements scolaires. Parmi elles figure « Racisme et antisémitisme en images. Discriminations, préjugés & stéréotypes », une exposition importante réalisée par le groupe de recherche ACHAC. Présente dans les Hautes-Pyrénées jusqu’à la mi-février, cette exposition a été installée au centre de documentation et d’information (CDI) du lycée Jean Dupuy de Tarbes. Elle repartira ensuite sur Paris, après avoir été accueillie au collège Paul Valéry de Séméac.

Comprendre la construction d’une culture visuelle discriminante

À travers vingt grands panneaux, l’exposition analyse la manière dont les images ont, siècle après siècle, contribué à construire une culture visuelle véhiculant racisme et antisémitisme. Elle met en lumière des représentations racistes, xénophobes, antisémites ou plus largement discriminatoires, et montre comment celles-ci ont figé des stéréotypes et des préjugés durables.

L’objectif affiché est de permettre aux élèves et aux visiteurs d’identifier ces mécanismes, mais aussi de les déconstruire. Les images présentées sont conçues pour susciter une réaction émotionnelle, en s’appuyant sur des oppositions binaires qui ont marqué l’histoire : « civilisés » et « sauvages », autochtones et étrangers, Sarrasins et Chrétiens, Juifs et « les autres », Blancs et Noirs.

Images, stéréotypes et théories pseudo-scientifiques

L’exposition montre également comment, en fabriquant des « types » et des « catégories raciales », les images ont contribué à concrétiser et diffuser des préjugés. Dès le XIXᵉ siècle, certaines représentations visuelles se sont appuyées sur des théories pseudo-scientifiques, renforçant leur portée idéologique.

Humour, caricature, stéréotype ou simple reflet des idées dominantes d’une époque : les images abordées touchent un large public précisément parce qu’elles s’inscrivent dans une culture partagée. C’est cette banalisation des représentations discriminatoires que l’exposition invite à interroger.

Une installation au CDI du lycée Jean Dupuy

Au lycée Jean Dupuy, l’exposition a été installée dans le vaste espace du CDI par le documentaliste Mickaël Dallier. Deux membres du MRAP ont pu la visiter en même temps qu’une classe de Terminale, accompagnée de leur professeur d’histoire, Thomas Ferrer.

Cette visite collective a permis d’inscrire l’exposition dans un cadre pédagogique, en lien direct avec les enseignements et les réflexions menées en classe sur l’histoire, les représentations et les discriminations.

Une démarche éducative saluée par le MRAP

Après Tarbes, l’exposition poursuivra son parcours au collège Paul Valéry de Séméac, avant de quitter le département pour rejoindre Paris à la mi-février.

En s’appuyant sur la citation de Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde », le MRAP souligne l’importance de ces collaborations avec les équipes éducatives. L’association se félicite de l’engagement des enseignants et de l’accueil réservé à cette exposition, qui s’inscrit pleinement dans une démarche de prévention et de lutte contre le racisme et l’antisémitisme par l’éducation.

A travers Bally BAGAYOKO, élu de la République, c’est la République et les valeurs qu’elle portent qui sont visées : le MRAP dépose plainte auprès du procureur de la République et saisit l’ARCOM




Le MRAP dépose une plainte pénale ainsi qu’un signalement auprès de ARCOM à la suite de propos d’une gravité exceptionnelle tenus publiquement à l’encontre de M. Bally BAGAYOKO, maire de Saint-Denis.

Sous couvert d’une pseudo-analyse anthropologique, Jean Doridot a établi un parallèle entre l’élu de la République et « l’homo sapiens […] de la famille des grands singes », évoquant en outre des logiques de « tribu » et de « chef ». Les propos racistes à l’encontre du maire, nouvellement élu se sont multipliés, Michel Onfray évoquant une « tribu primitive ».

Ces propos ne sont ni anodins, ni neutres : ils s’inscrivent dans une longue tradition raciste consistant à animaliser des personnes, en particulier lorsqu’elles sont issues de la diversité, pour mieux contester leur légitimité à exercer des responsabilités publiques.

Il ne s’agit pas d’un dérapage isolé de la part de Cnews, mais d’une banalisation intolérable du racisme le plus crasse et en l’occurrence ici en véhiculant un imaginaire colonial et racial que la République doit combattre avec la plus grande fermeté. Derrière ces mots, il y a une violence symbolique profonde, une atteinte directe à la dignité de la personne visée, et, au-delà, un message adressé à tous ceux que certains, à raison de leur origine vraie ou supposée ou de leur couleur de peau, continuent de considérer comme illégitimes dans l’espace public.

Au-delà du cas d’espèce, notre mouvement alerte sur la normalisation inquiétante d’un discours qui réactive des schémas racistes profondément enracinés. L’animalisation n’est jamais neutre : elle est le prélude à toutes les formes d’exclusion.

Le MRAP rappelle avec force que la liberté d’expression ne saurait être invoquée pour justifier la diffusion de propos qui, par insinuation ou analogie, relèvent d’une construction raciste. De tels faits sont susceptibles de qualifications pénales graves, notamment au regard de la loi du 29 juillet 1881 réprimant les injures publiques à caractère raciste et la provocation à la haine.

En conséquence, le MRAP saisit le procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur ces propos et que leurs auteurs aient à en répondre. L’ARCOM est également alertée afin que cesse cette expression raciste qui ne peut ainsi déferler en toute impunité sur les ondes. La République ne peut tolérer que l’on assimile, même de manière prétendument détournée, un élu à un animal. Ce type de discours n’a pas sa place dans le débat public. Il doit être combattu sans faiblesse, sans relativisme et sans complaisance.

Le MRAP appelle à une réaction claire, ferme et unanime des responsables politiques et des médias. Face au racisme, il n’y a pas de neutralité possible : il n’y a que la responsabilité. Face au racisme, il n’y a pas de débat possible. Il y a une ligne à tenir, celle de sa lutte sans relâche afin de mettre un terme au piétinement de la République, à travers ses élus, et des valeurs qu’elle porte.

Bureau National du MRAP
Le 29 mars 2026


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP