ENTETE1

MRAP

Immigration, le grand paradoxe




Les médias font semblant de s’étonner : l’Espagne prépare la régularisation de 500 000 personnes déjà présentes dans le pays, avec la simple condition d’une présence d’au moins cinq mois au 31 décembre 2025. Il s’agit d’une pratique répétée de l’Espagne et politiquement assumée : pour le Premier ministre, « régulariser n’est pas seulement juste, c’est une évidence économique ». La dernière régularisation de masse, en 2005, concernait déjà 500 000 personnes. Cette politique répond simplement de façon réaliste aux besoins économiques et démographiques du pays. Cet apport de population n’est sans doute pas étranger au développement économique de l’Espagne.

Le gouvernement italien a, lui, été élu sur la base d’une intense hostilité à l’immigration et ce pays mène en Méditerranée une politique criminelle de refoulement des migrants que le MRAP et tous les mouvements démocratiques condamnent régulièrement. Mais les mêmes contraintes économiques et démographiques s’imposent à l’Italie, à l’Espagne et à la plupart des pays européens. Avec beaucoup moins d’affichage médiatique, depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en 2022, l’immigration a augmenté de 10 %. Bien plus, face aux pénuries de main-d’œuvre, le gouvernement a publié, à l’été 2025, un décret qui permettra, d’ici 2028, d’accueillir 500 000 nouveaux étrangers.

En France, le ministère de l’Intérieur a publié le 27 janvier ses statistiques annuelles concernant l’immigration. Le MRAP appelle à ne pas céder aux interprétations simplistes et biaisées que certaines forces politiques et certains médias donneront de ces chiffres. Si le total des nouveaux titres de séjour atteint 384 000 en 2025, ce total est essentiellement composé d’étudiants (117 000), de protections humanitaires (92 000) et de droits familiaux (91 000). Compte tenu des départs et des décès, les démographes évaluent chaque année le solde migratoire net à un total situé entre 100 000 et 150 000. Les étrangers hors UE sont 4,4 millions et constituent environ 6,5 % de la population française, bien loin des fantasmes d’invasion.

Le MRAP continuera à dénoncer les campagnes permanentes hostiles à l’immigration et à souligner ce que certains appellent « le grand paradoxe ». L’instrumentalisation politique du thème des migrations envahit le débat public et elle pousse à prendre des mesures toujours plus désastreuses et inhumaines. Pendant ce temps, l’histoire impose son cours : les êtres humains continueront à circuler, souvent sous la contrainte des violences et fléaux divers qui les frappent. Les individus ont le droit de chercher partout une vie meilleure. Les sociétés et les économies ont besoin de ces échanges de travail et de compétences.

Le MRAP appelle à organiser au mieux l’accueil actuel des migrants, en respectant les droits humains, à régulariser tous les sans-papiers et à préparer le seul avenir possible : la libre circulation et la libre installation de tous les humains sur toute la planète.

MRAP

Solidarité avec les Irannien.ne.s




Le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) tient à exprimer son indignation face à la répression exercée par le pouvoir des mollahs en Iran et son entière solidarité avec les manifestant·e·s qui se sont levé·e·s pour la liberté .

Les morts pourraient déjà se compter en dizaine de milliers selon le Times qui relaie le nombre de 30 000 évoqués par deux responsables iraniens. Mais ce bilan dramatique n’est que provisoire, 17 000 décès sont encore en cours d’examen par l’association. Elle fait aussi état de 11 000 blessé·e·s graves mais un grand nombre d’entre eux redoutent de se rendre à l’hôpital de peur d’y être arrêté·e·s et exécuté·e·s. Pour ajouter l’horreur à l’horreur les corps des victimes sont exposés dans les rues et rendus aux familles contre le paiement d’une rançon.

Plus de 40 000 personnes ont déjà arrêtées , leur vie est menacée alors que les condamnations à la peine de mort à l’issue de procès sommaires à huis clos et sans avocat se succèdent.

Face à ce terrible constat, Donald Trump menace et remet désormais au premier plan la question du nucléaire – dont il prétendait avoir détruit les installations − pour justifier la présence de son « armada ». Le MRAP réaffirme qu’une intervention militaire des États-Unis n’est en aucun cas la solution. L’histoire a prouvé que loin d’être la solution, cela entraînerait le chaos comme cela a été le cas en Irak, en Afghanistan, en Libye.

La solution n’est pas non plus dans la restauration de la dictature du Shah. La solution ne peut venir que du peuple iranien lui-même.

Le seul secours légitime serait celui de l’ONU qui, une fois de plus, est réduit à l’impuissance. La communauté internationale et notamment la France ne peut se limiter à de simples déclarations perçues par le pouvoir iranien comme une tolérance.

Le MRAP appelle à participer aux initiatives en solidarité avec le peuple iranien en lutte pour la démocratie.

Le 30 janvier 2026

Bureau National du MRAP

Solidarité avec les Irannien.ne.s

Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP