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Le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), ses comités d’Ille-et-Vilaine, de Nantes et de Saint-Nazaire apportent tout leur soutien aux (…)
Verbaliser les femmes portant le voile : quand la stigmatisation prétend devenir la loi
Le Rassemblement national annonce son intention, s’il accède au pouvoir, d’interdire le port du voile dans l’espace public et de sanctionner d’une amende les femmes qui continueraient à le porter.
Le MRAP condamne avec la plus grande fermeté cette nouvelle offensive qui, sous couvert de laïcité et d’émancipation des femmes, vise une nouvelle fois une partie de nos concitoyennes et concitoyens et, singulièrement, les femmes musulmanes ou supposées telles.
Comme trop souvent, ceux et celles qui invoquent à longueur de discours l’ordre, l’autorité et le respect de la loi commencent par vouloir tordre le droit pour le mettre au service de leur idéologie.
La laïcité n’impose pas la neutralité religieuse aux citoyennes et citoyens dans l’espace public. Elle garantit d’abord la liberté de conscience et impose la neutralité à la puissance publique. Une femme qui marche dans la rue avec un foulard ne devient pas, pour cette seule raison, hors-la-loi.
Le droit français connaît des restrictions précisément définies à la manifestation des convictions religieuses dans certaines situations. Il connaît également l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. Mais le port d’un voile laissant apparaître le visage n’est pas, en lui-même, interdit dans la rue.
Vouloir instaurer une interdiction générale assortie d’une sanction pénale ou contraventionnelle soulèverait donc des difficultés constitutionnelles et conventionnelles majeures au regard notamment de la liberté de conscience, de la liberté de manifester sa religion, du principe d’égalité, de l’interdiction des discriminations et des exigences de nécessité et de proportionnalité auxquelles toute restriction aux libertés fondamentales doit satisfaire. Ces difficultés seraient d’autant plus grandes que d’autres religions prévoient que certains de leurs fidèles manifestent publiquement leur engagement par des éléments vestimentaires, y compris le voile pour certaines.
La République laïque n’est pas une République qui traque les signes religieux sur le corps de ses citoyennes et citoyens.
Mais le plus préoccupant est ailleurs.
Derrière cette proposition, il y a des femmes que l’on désigne.
Des femmes que l’on transforme, une fois encore, en problème politique.
Des femmes que l’on prétend « libérer » en leur annonçant que la police pourra demain les contrôler et les verbaliser en raison de leur tenue.
Le paradoxe serait presque grotesque s’il n’était pas aussi grave :
•Au nom de la liberté des femmes, on propose de restreindre leur liberté ;
• Au nom de leur émancipation, on leur promet des amendes ;
• Au nom de la République, on envisage de les exclure de fait de l’espace public si elles refusent de se conformer à l’apparence qu’on aura décidée pour elles.
Le MRAP n’est dupe ni des mots employés ni de la mécanique à l’œuvre.
Elle est ancienne : construire une catégorie de la population comme un problème, multiplier les discours de suspicion à son encontre, banaliser sa stigmatisation, puis présenter comme naturelles des mesures d’exception qui auraient paru impensables quelques années auparavant.
Aujourd’hui, ce sont encore les musulmanes et musulmans, et particulièrement les femmes musulmanes, qui sont placées au centre de cette stratégie.
Le racisme et la discrimination ne deviennent pas respectables parce qu’ils sont habillés du vocabulaire de la laïcité.
Le MRAP rappelle également que la liberté du débat politique, aussi essentielle soit-elle dans une démocratie, ne constitue pas un permis de provoquer à la discrimination, à la haine ou à la violence.
Nous examinerons donc avec la plus grande vigilance les déclarations prononcées dans le cadre de cette campagne et leur contexte.
Dès lors que les éléments constitutifs d’une infraction seront réunis, le MRAP saisira la justice, notamment sur le fondement de la provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à raison de l’appartenance, réelle ou supposée, à une religion déterminée.
Le MRAP sera, comme toujours, aux côtés de celles et ceux que le racisme, la haine et les discriminations cherchent à exclure de la communauté nationale.
Bureau national
01/09/2026
Hiroshima, Nagasaki : plus jamais ça !
Le 6 août 1945, il y a 81 ans, les États-Unis utilisaient l’arme nucléaire pour la première fois de l’histoire à Hiroshima. Ce bombardement sera suivi le 9 août par celui sur Nagasaki. Le monde découvrait l’horreur de l’arme atomique : plus de 250 000 victimes, 313 000 personnes irradiées. Pendant de longues années les « hibakusha », les survivants développeront des cancers, des leucémies, des enfants naîtront avec des malformations.
On aurait pu croire que l’humanité avait compris l’horreur d’une telle arme. Hélas, il n’en est rien, et la menace de l’anéantissement de l’espèce humaine en raison d’un conflit nucléaire est plus que jamais à prendre en compte, que ce soit un « accident » ou un usage volontaire.
L’arme nucléaire n’apporte pas la paix, l’histoire le prouve : il n’y a jamais eu autant de pays impliqués dans des conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (plus de 40 conflits mondiaux). La dissuasion, loin de nous protéger, est en réalité un danger : une réponse atomique à un accident est toujours possible comme le prouvent de nombreux exemples
• À Goldsboro en 1961, deux explosifs (de 250 fois la puissance de celui utilisé à Hiroshima) sont tombés mais n’ont pas explosé ;
• Le 15 septembre 1980 à Grand Forks, aux États-Unis, un incendie s’est déclaré dans un réacteur d’un bombardier. C’est la direction du vent qui a permis d’éviter une explosion nucléaire dont les conséquences auraient été pires que Tchernobyl ;
• Le 26 septembre 1983, une défaillance du système de contrôle s’est produite. C’est la désobéissance du militaire chargé du contrôle (il a attendu 8 minutes avant d’avertir son supérieur, ce qui a permis de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une fausse alerte) qui a évité la catastrophe.
Entre 1961 et 1981, il y a eu aux États-Unis 25 défaillances techniques qui auraient pu conduire à l’irréparable.
Le 7 juillet 2017, les Nations Unies ont adopté le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), qui est entré en vigueur le 22 janvier 2021 suite à la ratification par un minimum de 50 États. Ce traité, qui rend les armes nucléaires illégales et entraîne de nouvelles obligations (assistance aux victimes, réhabilitation des zones d’essai...), complète les autres traités internationaux (Traité de non-prolifération, Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires).
La première réunion des États parties s’est tenue en juillet 2022 à Vienne, sa troisième réunion s’est tenue du 2 au 5 mars 2025, au siège des Nations Unies à New York. Mais la France a refusé de participer aux négociations et rejette le traité. Elle a également refusé d’assister aux réunions même en tant qu’observateur. Pourtant, 76 % des Français sont favorables à la signature du TIAN.
Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais connus
Selon le SIPRI (Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm) , elles ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l’an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé. Selon le Congressional Budget Office des Nations Unies : l’ensemble des forces nucléaires des USA, de leur fonctionnement, de leur entretien et de leur modernisation devrait coûter 946 milliards de dollars entre 2025 et 2034, soit en moyenne environ 95 milliards de dollars par an.
Dans le même temps, les neuf États dotés de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux.
Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés.
Les grands traités qui limitaient la course aux armements disparaissent les uns après les autres, jusqu’au traité New START, dernier accord contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires stratégiques.
Au Moyen-Orient, la volonté hégémonique de l’État d’Israël, guidé par la Doctrine Begin, a conduit en 1981 au bombardement d’un réacteur en construction au sud-est de Bagdad (Opération Opera) et en 2007 au bombardement de al-Kibar en Syrie (Opération Orchard), le site d’un réacteur nucléaire présumé. C’est cette même volonté d’hégémonie qui a conduit au déclenchement de la guerre en cours actuellement contre l’Iran avec les conséquences humaines, environnementales et économiques que l’on connaît.
La France engage un vaste programme de modernisation de sa force nucléaire : nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, nouveaux missiles, nouvelles têtes nucléaires, deuxième porte-avions nucléaire… Un ensemble de programmes représentant près de 90 milliards d’euros, sans compter les coûts futurs de fonctionnement et d’entretien, au détriment de la santé, de l’éducation, du logement et des programmes de cohésion sociale et environnementaux.
À l’échelle de l’Union européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit encore 800 milliards d’euros supplémentaires.
Le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuple (MRAP), qui s’était réjoui de l’attribution du prix Nobel de la Paix 2017 à l’ICAN ( International Campaign to Abolish Nuclear ) puis en 2024 à Nihon Hidankyo, organisation japonaise des survivants des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki continuera le combat pour l’abolition des armes nucléaires et pour la paix . Nous refusons le « chemin de la peur » et choisissons celui du droit international et de la coopération.
Celui d’une sécurité qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais à la capacité de chaque être humain à vivre dans la dignité, à avoir accès au logement, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un environnement préservé et à jouir de tous les droits humains.
Le MRAP appelle tous ceux épris de Paix à le rejoindre pour poursuivre ensemble ce combat, et à l’aider financièrement en faisant un don.
