ENTETE1

MRAP

Ensemble, couvrons de nos voix les paroles racistes et xénophobes ! Né.es ici ou venu.es d’ailleurs, l’égalité des droits c’est pour toutes et tous




Appel collectif à mobilisation dans le cadre de la Journée internationale des migrant.es, le 18 décembre 2026

( bannière )

Né.es ici ou venu.es d’ailleurs, nous formons ensemble une société vivante, solidaire, riche de sa diversité.

Nous partageons quotidiennement des joies, des chagrins, des attentions, des préoccupations, des enthousiasmes : nous vivons, travaillons, étudions ensemble.

Dans nos quartiers, nos bureaux, nos ateliers, nos établissements scolaires, nos campus ; pour nos ami.es, nos voisin.es, nos collègues de travail ou d’études, pour les copains et copines d’école de nos enfants : nous voulons l’égalité des droits, quelle que soit notre origine réelle ou supposée, notre religion, notre nationalité !

L’extrême droite a mis au cœur de son projet politique le racisme et la manipulation des questions migratoires. Elle menace les droits fondamentaux, l’Etat de droit et la démocratie. Nous refuserons toujours de céder aux sirènes de la haine et de la peur, aux voix qui incitent à la violence et pensent nous faire croire que nous sommes fondamentalement différent.es les un.es des autres.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils veulent, par la préférence nationale réserver les droits à certain.es pour exclure les autres en se fondant sur une conception ethnique fantasmée de ce qu’est notre nation. Comme si enlever des droits à nos voisin.es pouvaient nous en donner plus, alors même que tout prouve l’inverse ! Supprimer l’accès aux APL pour les étudiant.es étranger-ères, déjà soumis à des frais d’inscriptions discriminatoires, et à une augmentation du coût du titre de séjour étudiant n’a rien donné de plus aux autres étudiant.es, mais risque de priver toute l’université française de ce qui lui est constitutif, l’ouverture sans frontière aux savoirs, nourrie du partage libre des intelligences. Et quand des patrons exploitent nos collègues étrangers, avec ou sans papiers, ce sont les droits de toutes et tous les travailleur.euses qui sont atteints.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’avec le Pacte asile et migrations et Frontex, ils déshumanisent, refoulent, enferment nos frères et sœurs en humanité qui fuient les crises, les guerres, la misère, que nous devons, pouvons et voulons accueillir dignement et solidairement. Bafouant les droits et libertés, ces règlements indignes qui conduisent à la généralisation de la traque policière et aux rafles évoquent la brutale politique de l’immigration étatsuniennes dont l’ICE est l’incarnation. Les personnes en exil sont ainsi toujours plus vulnérables, sur des routes migratoires toujours plus dangereuses. Elles ne sont pas des menaces et elles méritent dignité et hospitalité.

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils instrumentalisent les faits pour servir leurs projets nauséabonds, et construisent la peur par la désinformation organisée, comme cela a été le cas cet été – lorsqu’ils faisaient croire que Ceuta, en Afrique du Nord, était une porte ouverte sur l’Union européenne ; ou lorsque des campagnes haineuse et calomnieuses déclenchaient ces dernières années, en Espagne, en Irlande du Nord, ou au Royaume-Uni, des chasses à l’homme racistes. 

Nous parlerons plus fort que celles et ceux qui sont tellement racistes et xénophobes qu’ils organisent un cauchemar administratif, soumettant les personnes étrangères – nos voisin.es, nos ami.es, nos collègues – à des parcours kafkaïens pour essayer d’obtenir ou de renouveler un titre de séjour dans des préfectures hostiles, alors que leur vie est ici parfois depuis de nombreuses années. Lorsque les contrôles policiers discriminatoires ou la délivrance punitive d’OQTF servent à désigner à la vindicte populaire des personnes étrangères présentées comme dangereuses, c’est l’état de droit qui est atteint. Nous demandons la régularisation de toutes celles et ceux qui travaillent, étudient et vivent ici.

Ensemble, nous refusons le racisme, les discriminations, les mauvais traitements et les logiques de bouc émissaire, qui empoisonnent notre quotidien et abiment notre dignité. Ensemble, dénonçons les violences racistes qui se multiplient sous l’influence des semeurs de haine médiatiques et politiques. Ensemble rejetons les lois xénophobes qui détruisent des vies.

Ensemble, retrouvons le chemin de la solidarité, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société humanisme, d’égalité, de justice, et de respect des droits et libertés pour toutes et tous.

Nos organisations appellent à une large mobilisation dans le cadre de la Journée internationale des migrant-es, le 18 décembre 2026, à Paris et partout en France.

Signataires : Attac, Confédération générale du travail (CGT), Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme (CLARA), Femmes Égalité, Fédération syndicale unitaire (FSU), La Cimade, LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale Solidaires.

Remplir ce formulaire si votre organisation souhaite être signataire de l’appel (uniquement des signatures d’organisations par son ou ses représentants, pas de signatures individuelles).

Budget de la sécurité sociale, le MRAP s’oppose à la préférence nationale !




L’article 37 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 vise à restreindre l’accès aux prestations familiales pour les personnes étrangères, en exigeant une condition d’un an de résidence régulière en France. Bien que certaines situations dérogatoires soient prévues, le principe est clairement affirmé : il s’agit d’une nouvelle règle applicable aux seules personnes étrangères.

Une même situation, un même besoin, sans que les mêmes droits soient reconnus : c’est une rupture d’égalité, contraire à la Constitution et aux engagements internationaux de la France.

Les conséquences sont lourdes : pour une famille, cela signifie un an sans allocations pour ses enfants ; pour un·e salarié·e, un an sans aide pour payer son loyer. Cette absence d’APL, même pendant une seule année, rendra l’accès au logement quasiment impossible : entre deux ménages aux revenus proches, le logement sera attribué à celui qui perçoit l’APL.

Le MRAP dénonce un principe de préférence nationale déguisée, qui intervient alors que le gouvernement vient d’imposer de fait des droits d’inscription différenciés aux étudiant·es ressortissant·es d’États tiers à l’Union européenne. Cette mesure aggrave leur précarité et les oblige à exercer une activité lucrative, au risque de compromettre leur parcours universitaire.

L’examen du PLFSS débute en commission à l’Assemblée nationale ce lundi 12 octobre. Le MRAP demande aux parlementaires de supprimer l’article 37 du PLFSS. Ses comités locaux interviendront en ce sens auprès des élu·es.

Quand les droits des personnes étrangères reculent, ce sont les droits de toutes et tous qui sont menacés.


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP