Cette orientation de l’ONU s’inscrit dans une longue tradition, marquée en 1966 par la proclamation du 21 mars comme journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, commémorant ainsi le massacre de Sharpeville, intervenu le 21 mars 1960 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Parce que le levier de l’éducation est essentiel dans ce combat, en 1979, l’ONU invitait les États à organiser chaque année une semaine d’éducation contre le racisme débutant le 21 mars.
La loi du 1er juillet 1972, votée à l’initiative du MRAP, condamne les propos et délits racistes. Plus récemment, le racisme est devenu une circonstance aggravante des crimes et délits. Cela est bien et cette législation devrait être davantage mobilisée pour apporter réparation aux victimes. Elle devrait l’être plus pour combattre les idéologies racistes et l’on peut regretter que les juges soient si prudents à se saisir en la matière de la peine d’inéligibilité.
Les travaux scientifiques mesurent l’ampleur des discriminations lesquelles ont des effets durables sur la vie quotidienne des personnes concernées. Ils éclairent aussi de mieux en mieux les souffrances consécutives au racisme quotidien, celui des microagressions, de ces propos d’apparence banale qui ne cessent de rappeler leur « différence » à celles et ceux à qui ils s’adressent.
Cette année, ce 21 mars arrive dans un contexte particulier. La progression inquiétante des idées d’extrême-droite, tant en France qu’à l’international coïncide avec celle du nombre d’actes racistes recensés. Le racisme décomplexé s’exprime de plus en plus ouvertement… et tue !
Le 21 mars n’est décidément pas un gadget. Il est pour le MRAP l’occasion de mettre en lumière le travail quotidien de ses comités locaux. Il est aussi un moment de porter publiquement dans la rue notre exigence de l’égalité réelle. En raison du calendrier électoral, en 2026, c’est le 14 mars que nous défilerons.
Coprésidence du MRAP National
Anne Féray
François Sauterey
Kaltoum Gachi