2026, le monde de tous les risques

Oui, bien sûr, le MRAP, sa direction, ses militantes et militants font des vœux pour que le monde se tourne enfin vers un avenir meilleur.

D’abord pour que s’arrêtent les guerres qui martyrisent tant de peuples. On ose à peine en commencer la trop longue liste, de la Palestine au Congo, de l’Ukraine au Soudan …
Ensuite pour que le racisme et le rejet de l’autre sous toutes leurs formes et partout dans le monde cessent de dresser les êtres humains les uns contre les autres, individuellement ou collectivement.
Enfin pour que les misères diverses qui frappent trop de populations, misères économiques, sociales, climatiques ou autres, ne soient plus le terreau sur lequel croissent si facilement la haine et la violence.
Le 20° siècle a produit les pires horreurs de l’histoire humaine. Mais il a aussi su élaborer quelques valeurs pour combattre et limiter ces horreurs. On pense évidemment à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Celle-ci s’est progressivement déclinée, sous la forme de nombreuses conventions, sur le droit des personnes, des femmes, des enfants, des réfugiés, des peuples … Même la guerre, criminelle par nature, a pu se trouver encadrée de quelques limites, désignées par l’expression paradoxale de « crimes de guerre ». On a défini le génocide. On ébauché la construction d’une justice internationale pour juger des crimes de portée universelle. Enfin a été constituée une assemblée du monde, l’Organisation des Nations Unies dans le but d’aller vers une meilleure gouvernance du monde.
Tout cela constitue ce qu’on appelle le Droit International. Le MRAP y fait référence comme un point d’appui pour un monde moins violent. Mais en ce début de 21° siècle, ce droit se trouve à nouveau bousculé. Non seulement il est trop souvent violé, mais il est maintenant ouvertement contesté dans sa légitimité même par ceux qui s’y référaient, y compris les États Unis depuis l’élection de Donald Trump, Son action récente au Venezuela Illustre ce mépris. D’autres puissances remettent aussi en cause ce principe fondateur qu’est le respect de la souveraineté territoriale et politique des États actuellement reconnus. Même parmi les mouvements militants, un doute peut s’instaurer quant à la pertinence ou l’efficacité de ce Droit International, et ils peuvent envisager des perspectives indépendantes de ce cadre.
L’année qui commence peut être décisive dans cette histoire du Droit International. Mais pour le MRAP et ses militant.es, il ne s’agit pas d’émettre des vœux pour 2026, il s’agit de rappeler que c’est notre action, pour la part qui nous revient, qui donnera à cette année la direction que nous voulons.
Bon courage à toutes et tous !

Jean François Quantin pour le MRAP
Président honoraire