Hiroshima, Nagasaki : plus jamais ça !

Le 6 août 1945, il y a 81 ans, les États-Unis utilisaient l’arme nucléaire pour la première fois de l’histoire à Hiroshima. Ce bombardement sera suivi le 9 août par celui sur Nagasaki. Le monde découvrait l’horreur de l’arme atomique : plus de 250 000 victimes, 313 000 personnes irradiées. Pendant de longues années les « hibakusha », les survivants développeront des cancers, des leucémies, des enfants naîtront avec des malformations.

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On aurait pu croire que l’humanité avait compris l’horreur d’une telle arme. Hélas, il n’en est rien, et la menace de l’anéantissement de l’espèce humaine en raison d’un conflit nucléaire est plus que jamais à prendre en compte, que ce soit un « accident » ou un usage volontaire.
L’arme nucléaire n’apporte pas la paix, l’histoire le prouve : il n’y a jamais eu autant de pays impliqués dans des conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (plus de 40 conflits mondiaux). La dissuasion, loin de nous protéger, est en réalité un danger : une réponse atomique à un accident est toujours possible comme le prouvent de nombreux exemples
• À Goldsboro en 1961, deux explosifs (de 250 fois la puissance de celui utilisé à Hiroshima) sont tombés mais n’ont pas explosé ;
• Le 15 septembre 1980 à Grand Forks, aux États-Unis, un incendie s’est déclaré dans un réacteur d’un bombardier. C’est la direction du vent qui a permis d’éviter une explosion nucléaire dont les conséquences auraient été pires que Tchernobyl ;
• Le 26 septembre 1983, une défaillance du système de contrôle s’est produite. C’est la désobéissance du militaire chargé du contrôle (il a attendu 8 minutes avant d’avertir son supérieur, ce qui a permis de s’apercevoir qu’il s’agissait d’une fausse alerte) qui a évité la catastrophe.
Entre 1961 et 1981, il y a eu aux États-Unis 25 défaillances techniques qui auraient pu conduire à l’irréparable.
Le 7 juillet 2017, les Nations Unies ont adopté le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), qui est entré en vigueur le 22 janvier 2021 suite à la ratification par un minimum de 50 États. Ce traité, qui rend les armes nucléaires illégales et entraîne de nouvelles obligations (assistance aux victimes, réhabilitation des zones d’essai...), complète les autres traités internationaux (Traité de non-prolifération, Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires).
La première réunion des États parties s’est tenue en juillet 2022 à Vienne, sa troisième réunion s’est tenue du 2 au 5 mars 2025, au siège des Nations Unies à New York. Mais la France a refusé de participer aux négociations et rejette le traité. Elle a également refusé d’assister aux réunions même en tant qu’observateur. Pourtant, 76 % des Français sont favorables à la signature du TIAN.
Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais connus
Selon le SIPRI (Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm) , elles ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l’an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé. Selon le Congressional Budget Office des Nations Unies : l’ensemble des forces nucléaires des USA, de leur fonctionnement, de leur entretien et de leur modernisation devrait coûter 946 milliards de dollars entre 2025 et 2034, soit en moyenne environ 95 milliards de dollars par an.
Dans le même temps, les neuf États dotés de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux.
Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés.
Les grands traités qui limitaient la course aux armements disparaissent les uns après les autres, jusqu’au traité New START, dernier accord contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires stratégiques.
Au Moyen-Orient, la volonté hégémonique de l’État d’Israël, guidé par la Doctrine Begin, a conduit en 1981 au bombardement d’un réacteur en construction au sud-est de Bagdad (Opération Opera) et en 2007 au bombardement de al-Kibar en Syrie (Opération Orchard), le site d’un réacteur nucléaire présumé. C’est cette même volonté d’hégémonie qui a conduit au déclenchement de la guerre en cours actuellement contre l’Iran avec les conséquences humaines, environnementales et économiques que l’on connaît.
La France engage un vaste programme de modernisation de sa force nucléaire : nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, nouveaux missiles, nouvelles têtes nucléaires, deuxième porte-avions nucléaire… Un ensemble de programmes représentant près de 90 milliards d’euros, sans compter les coûts futurs de fonctionnement et d’entretien, au détriment de la santé, de l’éducation, du logement et des programmes de cohésion sociale et environnementaux.

À l’échelle de l’Union européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit encore 800 milliards d’euros supplémentaires.

Le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuple (MRAP), qui s’était réjoui de l’attribution du prix Nobel de la Paix 2017 à l’ICAN ( International Campaign to Abolish Nuclear ) puis en 2024 à Nihon Hidankyo, organisation japonaise des survivants des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki continuera le combat pour l’abolition des armes nucléaires et pour la paix . Nous refusons le « chemin de la peur » et choisissons celui du droit international et de la coopération.
Celui d’une sécurité qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais à la capacité de chaque être humain à vivre dans la dignité, à avoir accès au logement, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un environnement préservé et à jouir de tous les droits humains.

Le MRAP appelle tous ceux épris de Paix à le rejoindre pour poursuivre ensemble ce combat, et à l’aider financièrement en faisant un don.