GAZA, CESSEZ LE FEU !

Le MRAP réitère sans réserve sa condamnation des crimes de guerre commis par le Hamas contre la population civile israélienne. Mais rien ne peut, ne pourra justifier l’horreur absolue qui s’abat sur Gaza et les Gazaoui·e·s.

Gaza, une « prison à ciel ouvert » ; privée de tout où 80 % de la population ne survivait que grâce à l’aide humanitaire, soumis, depuis 2007, à un blocus terrestre et maritime qui constitue une punition collective illégale au regard du droit international.

Les offensives criminelles successives d’Israël contre la population de Gaza n’ont pas commencé après l’attaque du 7 octobre et ont apporté leur lourd cortège de morts et de destructions : opération « plomb durci » de 2008 (près de 1 400 morts), opération « pilier défense » de 2012, opération « bordure protectrice » (plus de 2200 morts).

Depuis 2018 ce sont contre les « marches du retour » qu’ont été déclenchés des bombardements meurtriers. Face à des manifestations pacifiques, l’armée israélienne a tiré à balles réelles, faisant des dizaines de morts et 1 200 blessés, des jeunes pour la plupart.

A l’heure où ces lignes sont écrites, plus de 30 000 Palestiniens ont été tués dont environ 70% sont des femmes et des enfants et on compte près de 10 000 disparus. Le nombre de blessés atteint les 60 000 et leur accès aux soins vitaux est extrêmement limité, en raison des attaques répétées contre des établissements de santé, des membres du personnel médical et des moyens de transport sanitaire.

Des centaines de familles ont été anéanties, plus de 100 journalistes et plus de 300 médecins et travailleurs de la santé ont été tués. On estime à 1,9 million le nombre de personnes déplacées à Gaza, soit 85% de la population. 45 écoles ont été entièrement détruites.

Lorsqu’on prive d’eau et d’électricité 2 millions de personnes, cela est un crime de guerre. Les prématurés meurent parce que sans électricité les couveuses ne peuvent plus fonctionner, les blessé·e·s y compris les enfants sont opéré·e·s sans anesthésiant parce qu’il n’y en a plus.

Selon un rapport du système de surveillance de la faim des Nations Unies publié le 21 décembre, environ la moitié de la population de Gaza devrait se trouver dans la « phase d’urgence » – qui comprend une malnutrition aiguë très élevée et une surmortalité – d’ici le 7 février. Et « au moins une famille sur quatre », soit plus d’un demi-million de personnes, sera confrontée à la « phase 5 », c’est-à-dire à des conditions catastrophiques.

Dans le même temps les massacres continuent en Cisjordanie, en janvier 49 Palestiniens ont été tués ; A l’aube du mardi 30 janvier, une unité militaire israélienne d’une dizaine de membres s’est infiltrée dans l’hôpital Ibn Sina de Jénine et a tué trois personnes. Le 3 février, la communauté bédouine d’Al-Auja au sud de la vallée du Jourdain, a été victime d’une énième attaque de colons armés.

La Cour internationale de Justice, saisie par l’Afrique du Sud, considère qu’il existe un risque sérieux de génocide et que des mesures conservatoires sont nécessaires pour préserver les droits de la population palestinienne. Le MRAP se réjouit de la décision de la CIJ et rappelle que les décisions de la CIJ sont contraignantes et sans appel. De plus, tous les États doivent se conformer à leurs obligations légales en prenant toutes les mesures possibles pour qu’Israël respecte la décision de la Cour et mette en œuvre intégralement et sans délai les mesures provisoires ordonnées.

Le MRAP demande solennellement au gouvernement français de se conformer à ses obligations et en particulier de cesser toute vente d’armes à Israël. Il demande à l’Union européenne d’appliquer des sanctions contre Israël notamment la suspension de l’accord d’association UE/Israël.

L’arrêt des bombardements, l’arrêt de la colonisation et l’ouverture de négociations sur la base des résolutions de l’ONU, notamment la création d’un État palestinien avec Jérusalem Est comme capitale aux cotés de l’État israélien est la seule solution pour mettre fin à la violence. En attendant la France doit reconnaître l’État de Palestine.

Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP
Le 7 février 2024