Différences n°308 Janvier / Février/ Mars 2019

Éditorial

Le 22 mai 1949, des hommes, des femmes, souvent anciens résistants ou rescapés des camps de concentration, ont fondé le Mouvement contre le Racisme et l’Antisémitisme et pour la Paix, le MRAP. En 1978, tout en gardant son acronyme, il est devenu le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples. Il porte depuis 70 ans des valeurs de fraternité, de solidarité, d’égalité, de justice et de paix.

Nous voulons en 2019 commémorer cet événement et rappeler la continuité de ce long combat contre le racisme, la xénophobie, les discriminations et pour le droit des peuples, un combat plus que jamais indispensable !
Le 11 mai 2019, le MRAP célébrera ses 70 ans à Paris. Ce sera un événement à la fois militant et festif, qui doit rassembler largement militant-e-s, adhérent-e-s, ami-e-s du MRAP, venus, comme le 22 mai 1949, de toute la France. Nous sommes persuadés que notre lutte et nos idées sont plus que jamais nécessaires pour faire progresser les droits humains. Le dossier principal de ce numéro de Différences rappelle cette histoire et annonce cette commémoration. Mais il évoque aussi un combat qui est hélas loin d’être terminé.

En 2018, des crimes racistes ont encore été commis contre des Arabes, des Juifs... Les agressions et insultes racistes sont monnaie courante. Cette haine se déchaîne sur Internet et les réseaux sociaux. Elle est confortée par certaines déclarations politiques et elle est insuffisamment condamnée.
Les citoyens immigrés ou descendants d’immigrés continuent à subir discriminations et exclusions, en matière d’embauche, de logement, de vie sociale. Les résidents extracommunautaires sont maintenus en marge de la vie civique, puisqu’on leur refuse toujours le droit de vote. Tout cela génère un sentiment d’amertume, d’injustice et de révolte.
Des migrant-e-s risquent leur vie, fuyant divers fléaux et cherchant un avenir
meilleur. Partout dans le monde, ils sont repoussés aux frontières des pays riches.
Cette politique alimente une xénophobie récurrente et permet l’acceptation
de drames humanitaires pourtant inacceptables.

Comme il y a 70 ans, le MRAP s’engage à poursuivre son combat. Ses comités locaux sont présents pour défendre les victimes de racisme, pour soutenir les migrants, pour prôner une société qui fasse une place à tous et toutes. Ils sont présents pour promouvoir nos valeurs auprès des publics jeunes ou adultes, pour assurer le travail de mémoire qui permet d’assumer les conséquences de l’esclavage, du colonialisme et des guerres qui lui sont liées, des crimes du nazisme.
Ils apportent ainsi leur pierre à l’avenir de l’humanité..

Lire le n°308 en intégralité sur le site des archives

Sommaire

3 international
>> -Le combat des kurdes
en Syrie
6 Actualités
>> Vérité et justice
>> Communiqué du MRAP
>> Visite de Frédéric Potier
7 dossier
>> -Les 70 ans du MRAP
>> -La Compagnie Jolie Môme
dans la lignée de Bertolt
Brecht
>> -LSerge Utgé ROYO
>> -Contre tous les racisme
>> -20 ans de lutte contre les
discriminations
>> -Les MRAP contre
la peine de mort
>> -Les jalons des 70 ans d’action
>> -La lutte contre l’apartheid
>> -La loi de 1972
>> -L’exigence de mémoire
>> -Le Moyen Orient
>> -Immigrations, migrations
>> -Le Moyen Orient
19 Focus sur...
>> -Le MRAP
Lunellois/Petite Camargue
21 comités locaux
>> -Comité local Paris 19/20
Une après-midi burundaise
>> -Comité local Moselle Ouest
La mémoire de l’abolition
de l’esclavage
22 portrait
>> -L’histoire d’un engagement :
Alain Callès
22 En bref
>> -Josette Audin vient de nous
quitter à 87 ans
>> -Le MRAP et la loi