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MRAP

Non au « Règlement retour » ! Ne laissons pas l’Union européenne (UE) céder à l’inhumanité et à la xénophobie




Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont le MRAP est signataire

Le « Règlement retour », adopté par le Parlement européen jeudi 26 mars 2026, constitue une nouvelle étape de la politique migratoire indigne qui transforme l’Europe en une forteresse et la rend complice de violations répétées des droits humains. L’objectif est une fois encore de renforcer la politique d’expulsions des étrangères et étrangers en situation irrégulières, qui sont déjà quotidiennement maltraité-e-s dans la plupart des États, et soumis-es à des procédures attentatoires aux droits et libertés fondamentales.

Sous les applaudissements nourris des eurodéputé-e-s d’extrême droite, et de celles et ceux de droite qui les ont rejoints sans honte, le Parlement fait un pas de plus vers l’infamie. Ces propositions évoquent la brutale politique de l’immigration étasuniennes dont l’ICE est l’incarnation.

La création des « hubs de retour », ces centres d’expulsion pour migrant-e-s, installés dans des Etats extérieurs à l’UE, autoriserait à détenir dans des pays où elles n’ont aucun lien, puis à expulser par la force, des personnes déboutées de l’asile. Cette nouvelle externalisation serait institutionnalisée sans contrôle ni garde-fou réel – loin de yeux et des oreilles des ONG, là où le respect des droits fondamentaux est souvent négligé. La possibilité d’enfermer des mineur-e-s, de confisquer les documents d’identité, l’allongement de la durée de rétention de 18 à 24 mois – le dispositif prévoyant même au mépris de toutes les des normes juridiques internationales la possibilité d’une durée illimitée quand un risque pour la sécurité serait identifié – constituent à l’évidence un pas supplémentaire vers la légalisation de la criminalisation des personnes migrantes.
L’application de ce texte généraliserait une traque policière organisée et discriminatoire, alors que le harcèlement policier sème déjà la terreur auprès des personnes étrangères ou racisées. Le dispositif rendrait possible de restreindre leur liberté de circulation, de fouiller leurs effets personnels, d’autoriser les perquisitions sur les lieux de vie, et instaurerait une interdiction d’entrée sur le sol européen de façon permanente.
Autorisant le partage de données à caractère personnel avec des pays ne disposant pas de garanties suffisantes, le règlement inclut aussi une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel Etat membre, l’objectif étant par exemple qu’une décision prise en France puisse s’appliquer en Espagne et vice versa.

De telles mesures constituent des violations des droits fondamentaux, exposeraient davantage de personnes à des situations dangereuses, accroitraient leur vulnérabilité et leur précarité juridique et sociale. Dénonçons ces choix coercitifs, punitifs, ces politiques mortifères et inhumaines !

Les migrations et les personnes en exil ne sont pas des menaces ! Nous devons renouer avec l’hospitalité, offrir protection, logement, soins, éducation, et accès aux droits à celles et ceux qui participent pleinement à la richesse économique, sociale et culturelle des sociétés où elles et ils trouvent refuge et vivent.

Les trois institutions de l’UE – la Commission, le Conseil et le Parlement – vont désormais entamer des négociations afin de mettre au point un texte final. Nous devons faire entendre notre indignation et empêcher l’Europe de bafouer toutes ses valeurs humanistes !

Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs appellent à une large mobilisation de la société civile, des citoyennes et citoyens, pour dénoncer ce texte honteux et défendre un autre projet de société, humaniste, solidaire et égalitaire.

Israël vote pour la peine de mort réservée aux Palestiniens Le MRAP réaffirme sa lutte contre la peine de mort et contre l’apartheid




La centaine de milliers de morts à Gaza, empêcher l’aide humanitaire, poursuivre la colonisation et les massacres en Cisjordanie, déplacer de force des populations entières, emprisonner sans procès, y compris les enfants, torturer, ne suffisaient pas. En adoptant une nouvelle loi qui ne s’appliquera qu’aux Palestiniens y compris ceux habitant en Israël, obligeant les tribunaux militaires à prononcer la peine de mort pour toutes les condamnations pour homicide volontaire en Cisjordanie occupée, Israël vient de franchir un nouveau pas dans sa politique d’apartheid.

L’association ACRI (l’Association pour les droits civiques en Israël) a déposé un recours en urgence devant la Cour suprême.

Le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), opposé à la peine de mort condamne ce vote qui non seulement étend les cas de recours à la peine capitale en Israël mais le fait de manière discriminatoire à l’encontre des Palestiniens.

Les conditions de détention, dénoncées notamment par Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, sont inhumaines, dégradantes, voire mortelles (plus de 100 Palestiniens morts dans les prisons israéliennes depuis le 7 octobre 2023)

Le dernier rapport de Francesca Albanese conclut que « le recours systématique à la torture, combiné à la campagne plus large de destruction infligée aux Palestiniens, constitue une composante intégrante du génocide en cours, infligeant de graves préjudices physiques et psychologiques aux Palestiniens en tant que groupe. »
Les exécutions extrajudiciaires commises par les colons ou par l’armée israélienne sont le plus souvent impunies.

Le Haut-Commissaire des Nations unies a rappelé que le fait de priver tout Palestinien de Cisjordanie et de Gaza des garanties d’un procès équitable prévues par la quatrième Convention de Genève constituait un crime de guerre.

La France doit prendre des mesures immédiates pour imposer à l’État israélien le respect du droit international au lieu de continuer à lui laisser commettre ses crimes en lui assurant une impunité totale. Les condamnations verbales ne suffisent pas, il faut des sanctions.

Bureau National
01/04/2026


Communiqués du MRAP (Voir aussi les appels et communiqués dont le MRAP est signataire)


Communiqués de Collectifs soutenus par le MRAP