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Histoire, mémoire, anticolonial

10 mai « Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions »

Le 10 mai, la « Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions » commémore la reconnaissance tardive par la France - 150 ans après l’abolition de l’esclavage - de la traite négrière et de l’esclavage comme crime contre l’humanité par un vote du Parlement en 2001.

Trop rares sont encore les Français qui savent que :
. pendant près de quatre siècles, notre pays fut une grande puissance esclavagiste,
. des vaisseaux battant pavillon français participèrent à la déportation de millions d’Africains,
. le Code Noir qui définissait l’être humain asservi comme un simple « meuble » fut une création du droit français,
. notre nation compte en son sein des descendants d’esclaves.

Le racisme a tenu une place essentielle dans la construction des justifications de cette mise hors de la société. Esclavage et racisme sont intimement liés : les différences d’ordre social, physique, religieux ou culturel sont présentées comme signes d’infériorité et servent à justifier la domination et l’exclusion, l’exploitation, la ségrégation. Dans les colonies françaises l’esclavage s’est "racialisé" car les esclaves y étaient noirs.

Les esclaves se révoltèrent de nombreuses fois contre la condition inhumaine qui leur était faite et furent, par leurs luttes, les premiers et essentiels héros des abolitions de la traite et d’esclavage. Et il fallut deux abolitions pour en finir avec le droit esclavagiste français. Mais ce n’était pas la fin de l’histoire. Au nom du droit des races supérieures les puissances européennes se partagèrent l’Afrique et la colonisèrent.

Aujourd’hui, la traite et l’esclavage ont été légalement abolis par tous les états du Monde. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 stipule que "nul ne sera tenu en esclavage ni servitude ", que "l’esclavage et la traite sont interdits sous toutes leurs formes". Malgré cela près de 30 millions de personnes sont encore soumises, soit à l’esclavage, soit à des formes de servitudes esclavagistes.

Les associations des Français des Outre-Mers ont choisi le 23 mai pour commémorer les souffrances et les luttes de leurs ancêtres : le MRAP s’associe à cette légitime revendication de dignité.
La vigilance doit être sans faille, aujourd’hui et demain comme hier alors que profitant du désarroi d’une partie de plus en plus grande de la population, l’extrême-droite tente de masquer la dangerosité de son projet xénophobe et raciste, homophobe, antisocial, antidémocratique, anti-féministe.
La tâche reste immense pour éradiquer totalement le racisme et toute forme d’esclavage.

Paris le 10 mai 2017